Logo ARIA ARIAAssociation des riverains contre la construction d’un incinérateur de boues et de déchets dangereux à la STEP d’Aïre
Séance publique · Vendredi 6 novembre · 18h30Salle du Lignon, Vernier · entrée libre · avec le Pr Alfred Bernard et le Pr Davide StaedlerProgramme et vos questions →
Action de riverains devant l’entrée de la STEP d’Aïre, banderole « On ne veut pas d’incinérateur »
Presqu’île d’Aïre · Le Lignon · Vernier · Onex

Un incinérateur de boues à 370 mètres d’une école ? Non.

Les SIG construisent à la STEP d’Aïre un four qui brûlera chaque année des dizaines de milliers de tonnes de boues d’épuration et jusqu’à 1’500 tonnes de déchets liquides dangereux, au milieu des habitations, des écoles, des hôpitaux et des terrains de sport. Nous exigeons une expertise indépendante et un autre site : les Cheneviers.

370 mentre le futur incinérateur et le Cycle d’orientation du Renard
1’500 tde déchets liquides dangereux autorisés par an, sans détail de leur nature
33 mde cheminée, quand l’expert cité par toutes les parties en juge 37,5 m nécessaires
0étude sanitaire indépendante commandée par une autorité depuis le lancement du projet en 2019
Ce que nous exigeons

Quatre demandes immédiates

Le chantier est bloqué par les recours. Cette fenêtre ne coûte rien à personne : elle doit servir à faire enfin l’étude qui manque depuis 2019.

Une étude sanitaire indépendante, maintenant

Commandée sans délai par le canton ou la commune, à un bureau indépendant des SIG et du fournisseur du four, sur toutes les voies d’exposition (air, sols, alimentation), PFAS compris, et publiée avant toute reprise des travaux.

La publication des études invoquées

Liste, commanditaires, auteurs, financeurs et cahiers des charges, à commencer par l’étude de toxicologie annoncée le 18 juin 2025 et jamais produite.

Une vraie comparaison avec les Cheneviers

Établie par un bureau indépendant, avec une comparaison des deux filières de récupération du phosphore.

Le débat public promis

Prévu dans le plan de communication des SIG de juillet 2024 avec la mention « à définir ». Il n’a jamais eu lieu.

ARIA ne s’oppose ni à la modernisation de la station d’épuration, ni au traitement des micropolluants, ni aux pompes à chaleur, ni à la récupération du phosphore, obligation légale que l’association reconnaît pleinement.

Rassemblement de riverains avec banderoles ARIA devant l’entrée de la STEP d’Aïre, vu du ciel
Rassemblement des riverains devant la STEP d’Aïre.
Où en est-on ?

La mobilisation paie

  • Dossier de presse : « Personne n’a jamais commandé l’étude sanitaire ». Lire le communiqué
  • La Ville de Vernier reconnaît par écrit qu’aucune contre-expertise indépendante n’a été engagée et que le rapport d’impact ne traite pas des PFAS.
  • Les motions M 3233 et M 3234 sont à l’étude à la commission de l’environnement du Grand Conseil. Voir les motions
  • Un recours avec effet suspensif est pendant devant le Tribunal administratif de première instance.
  • Plus de 1’600 personnes ont signé la pétition. Ajoutez votre nom
Séance publique d’information · Entrée libre

Vendredi 6 novembre · 18h30

Salle du Lignon, salles 20 et 21, place du Lignon 16, 1219 Vernier. Venez comprendre le projet d’incinérateur de boues d’Aïre, entendre deux scientifiques et poser vos questions. Plus nous serons nombreux, plus nous serons écoutés.

Le flyer

Flyer recto : Un incinérateur de boues à Aïre ? Informez-vous. Faites-vous entendre. Vendredi 6 novembre, 18h30, Salle du Lignon, salles 20 et 21, place du Lignon 16, Vernier. Entrée libre. Flyer verso : Pourquoi venir le 6 novembre ? Comprendre le projet et ses enjeux ; connaître ses impacts possibles sur la santé, l’air, le trafic, le bruit et le cadre de vie ; discussion et questions avec le public. Les autorités et la presse sont invitées.

Recto et verso. Touchez une image pour l’agrandir, puis partagez-la autour de vous.

Le programme provisoire

  1. Accueil

    Cartes pour vos questions, pétition et adhésions.

  2. Ouverture : pourquoi nous sommes là

    ARIA

  3. Le projet, les risques, et pourquoi l’incinérateur doit se faire aux Cheneviers

    ARIA

  4. Pourquoi une étude d’incidences est indispensable

    Pr Alfred Bernard, toxicologue, Université catholique de Louvain (UCLouvain) · en direct par visioconférence

  5. Les PFAS et l’incinération des boues d’épuration

    Pr Davide Staedler, chimiste, Université de Lausanne (UNIL) · en visioconférence

  6. Les élus et invités ont la parole

    Trois minutes chacun, sur une même question : qu’allez-vous faire concrètement ?

  7. Vos questions

    Des questions écrites sont tirées au sort et reçoivent une réponse en direct. Toutes les autres trouveront leur réponse sur ce site.

  8. Clôture et verre de l’amitié

    Échanges libres avec le comité et la presse.

Programme provisoire, susceptible d’être modifié. Les élus et invités seront annoncés dès qu’ils auront confirmé leur présence.

Avant la séance

Envoyez-nous votre question

Vous ne pourrez pas venir, ou vous préférez préparer votre question ? Écrivez-la ici. Elle parvient directement au comité d’ARIA. Nous en tiendrons compte le 6 novembre, et nous publierons les réponses sur ce site.

Votre nom et votre adresse e-mail sont facultatifs. Ils servent uniquement à vous répondre personnellement et ne sont ni publiés ni transmis à des tiers.

Le projet des SIG

Ce qu’on va brûler à Aïre

Les Services industriels de Genève appellent cette installation une « Unité de valorisation des boues » (UVB). Concrètement, c’est un four à lit fluidisé, avec sa cheminée, construit chemin de la Verseuse 17, sur la presqu’île d’Aïre, dans une boucle du Rhône entourée de quartiers habités.

À quelle distance de chez vous ?

Distances approximatives entre l’emplacement prévu du four et les lieux de vie voisins, à l’échelle. En rouge : moins de 400 mètres.

Mesures ARIA sur orthophoto et relevé par drone, depuis l’emplacement approximatif du four.

Carte aérienne des distances depuis le futur incinérateur de la STEP d'Aïre vers les hôpitaux, écoles, EMS, terrains de sport et habitations
Relevé des distances sur vue aérienne.
Le même relevé des distances sur fond de plan
Le même relevé sur fond de plan.
Vue aérienne : 370 mètres entre le Cycle du Renard et le chantier de l'incinérateur
370 mètres séparent le chantier du Cycle du Renard (prise de vue par drone).
Vue aérienne des villas, jardins et terrains de sport d'Aïre, avec le Lignon et le Salève à l'arrière
Villas, jardins familiaux, terrains de sport : le voisinage direct de la STEP.

Une cheminée plus basse que nos immeubles

La cheminée projetée culmine à 33 mètres. Selon le dossier des SIG, elle ne dépasse la toiture que de 6 à 10 mètres, « une hauteur similaire aux arbres » du coteau voisin.

L’expertise Ecosens, celle que les SIG, la commune et le Conseil d’État citent tous, retient qu’une cheminée de 37,5 mètres serait nécessaire. Aux Cheneviers, l’usine d’incinération du canton, la cheminée mesure 100 mètres.

La tour du Lignon, à 620 mètres, s’élève à une centaine de mètres. Le panache ne passera pas au-dessus du quartier : il l’atteindra à mi-hauteur.

Sources : mémorandum Ecosens AG du 3 octobre 2025 ; présentation aux services cantonaux du 11 novembre 2024 ; dossier de demande d’autorisation, figure 12.

Schéma : cheminée projetée d'environ 33 m, tour du Lignon d'environ 100 m, distantes d'environ 620 m ; le panache de fumée atteint la tour à mi-hauteur
Cheminée projetée (33 m) et tour du Lignon (~100 m), à environ 620 m.
Extrait du dossier SIG : figure 12, vue en coupe du bâtiment UVB et de sa cheminée
Extrait du dossier des SIG : la cheminée « ne représente qu’une émergence de 6 à 10 m ».

Ce que l’autorisation permet de brûler

L’autorisation d’exploiter n° 25-352 du 26 novembre 2025 (Office cantonal de l’environnement) fixe la liste des déchets admis et leurs quantités maximales. Les boues de la STEP d’Aïre ne sont qu’une partie du total.

CatégorieCode LMoDDéchetMaximum par an
Déchets ordinaires19 08 02Déchets de dessablage100 t
Biodéchets02 02 03 · 02 03 04 · 20 01 08Matières impropres à la consommation, déchets de cuisine et de cantine4’000 t
Déchets ordinaires19 08 05Boues des installations publiques de traitement des eaux usées50’000 t
Déchets ordinaires19 08 12Boues du traitement biologique des eaux usées industrielles34’000 t
Déchets ordinaires20 03 04Boues de fosses septiques23’000 t
Soumis à contrôle19 08 09Graisses et huiles de séparateurs3’000 t
Déchets spéciaux16 10 01Déchets liquides aqueux contenant des substances dangereuses, sans aucune précision sur leur nature ni leur origine1’500 t
Total autorisé115’600 t

Tous les autres déchets sont décrits par nature. Les 1’500 tonnes de déchets dangereux tiennent en une seule ligne générique. Personne ne sait aujourd’hui quelles substances seront brûlées, d’où elles viendront, ni quels risques leur transport et leur stockage font courir au quartier. L’étude de risques du rapport d’impact ne les a pas analysés. S’y ajoute le liquide de dégivrage des avions de Cointrin, qui passe de 1’300 à 2’000 tonnes par an.

Sources : autorisation d’exploiter n° 25-352 ; formulaire F99, note explicative du 26 janvier 2022.

Photographie de l'autorisation d'exploiter n° 25-352, liste des déchets autorisés, ligne des déchets dangereux surlignée
L’autorisation n° 25-352, ligne des déchets dangereux surlignée.
Nos arguments

Pourquoi nous disons non

Nos arguments s’appuient sur les documents officiels du projet et sur nos propres analyses. Nous citons aussi la position des SIG et de l’État, pour que chacun puisse juger sur pièces.

Santé · Localisation

Au cœur d’un quartier habité

Un cycle d’orientation à 370 m, des hôpitaux à 450 m, un EMS à 720 m, des terrains de sport, des jardins familiaux où l’on cultive ses légumes. Des milliers de personnes vivent dans un rayon d’un kilomètre.

La STEP se trouve dans un méandre encaissé du Rhône. Pour expliquer la pollution exceptionnelle autour de l’incinérateur du Vallon à Lausanne, le Conseil fédéral cite « des particularités topographiques et les conditions de vent » ainsi que les arrêts et redémarrages répétés du four. Ces deux facteurs sont réunis à Aïre, où le four doit s’arrêter chaque année plusieurs semaines.

Source : rapport du Conseil fédéral du 30.10.2024 en réponse au postulat 21.4225.

PFAS, les polluants éternels

Les boues d’épuration concentrent les PFAS. Pour les détruire, il faut brûler très chaud : au-delà de 950 °C, idéalement 1’000 à 1’100 °C pendant 2 à 3 secondes.

750 °CFour : 850 °C (910 pour le N₂O)PFAS : > 950 °C1’100 °C
  • Le four prévu fonctionne à 850 °C. Pour réduire le protoxyde d’azote, un gaz même pas réglementé, les SIG ont décidé de monter à 910 °C pour un surcoût qu’ils jugent « léger ». Jamais pour les PFAS.
  • « Le RIE ne comporte d’ailleurs aucune évaluation des impacts liés à cette problématique », écrit la Ville de Vernier le 16 septembre 2026. Aucune norme n’existe : la « conformité aux normes » ne couvre donc pas les PFAS.
  • La Commune a rendu son préavis favorable le 27 août 2025 et n’a demandé l’intégration des PFAS au suivi qu’en décembre 2025. Elle attend toujours les informations des SIG.
  • Aucune donnée n’a été transmise : ni teneur des boues, ni rejets à la cheminée, ni cendres.
Santé · Dioxines

Des dioxines qui finissent dans l’assiette

Les dioxines se forment lors des combustions. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 90 % de l’exposition humaine passe par l’alimentation. Elles s’accumulent dans les graisses et dans la chaîne alimentaire.

L’OMS indique qu’une exposition prolongée peut atteindre le système immunitaire, le développement, la reproduction et les hormones, et provoquer des cancers. Autour de la STEP : des potagers, des jardins familiaux, des vergers.

Source : OMS, « Dioxines et leurs effets sur la santé ».

Déchets dangereux

1’500 tonnes de déchets dangereux non identifiés

L’autorisation d’exploiter admet chaque année 1’500 tonnes de « déchets liquides aqueux contenant des substances dangereuses », en une seule ligne, sans nature chimique, sans classe de danger, sans origine.

Les autres déchets sont détaillés un par un. L’étude de risques n’a porté que sur les produits chimiques stockés sur place, jamais sur ces livraisons de déchets dangereux.

Voir la liste complète des déchets autorisés

L’alternative

Les Cheneviers, un site fait pour cela

Genève dispose déjà d’un site industriel d’incinération, à l’écart des habitations : l’usine des Cheneviers. Le Conseil d’État invoque une étude de variantes pour écarter cette solution. Cette étude n’a jamais été communiquée aux riverains.

Le rapport explicatif des SIG annonce même, en page 9, une évaluation d’une mono-incinération aux Cheneviers « en fin de document ». Elle ne s’y trouve pas.

Ce que dit l’État

Les fours des Cheneviers n’accepteraient que 10 % de boues ; traiter sur place réduit le trafic de 8 à 2 camions par jour.

Ce que demande ARIA

Une étude comparative indépendante et publique, avec une ligne dédiée aux boues aux Cheneviers, où la santé pèse plus lourd que le coût.

Source : réponse du Conseil d’État à la QUE 2334, 29.04.2026.

Phosphore

Le phosphore, un prétexte fragile

Le droit fédéral impose de récupérer le phosphore des boues. Nous ne le contestons pas. Mais la filière choisie par les SIG passe par les cendres, qui doivent être traitées dans une usine alémanique (Phos4Life) qui n’a ni permis ni financement bouclé, et que le propre calendrier des SIG situe au début des années 2030.

En attendant, les cendres partiront en décharge et aucun phosphore ne sera récupéré. D’autres procédés existent, comme la précipitation de struvite sur boues humides, sans incinération. Ils n’ont jamais été comparés.

Ce que disent les SIG

Le traitement sur site permet de valoriser le phosphore et d’éviter des milliers de trajets en camion.

Ce que constate ARIA

Aucune récupération de phosphore avant plusieurs années. Et la « moitié de camions en moins » représente environ un camion par jour ouvrable.

Argent public

Un choix coûteux sur 40 ans

Selon notre modélisation sur la durée de vie de l’installation, l’incinérateur d’Aïre coûterait entre 195 et 250 millions de francs sur 40 ans, contre 82 à 122 millions pour les alternatives.

S’y ajoutent les 155 millions de l’usine soleuroise de traitement des cendres. Ce sont les Genevoises et les Genevois qui paieront, par leurs factures et leurs impôts.

Estimation ARIA sur la base des données publiques du projet.

Transparence

Des documents qu’on refuse de nous montrer

Les SIG affirment publiquement que le projet n’aura « pas d’impact sur la qualité de l’air et des sols ». Quand nous demandons les études qui le prouvent, on nous les refuse.

L’étude de toxicologie annoncée par les SIG le 18 juin 2025 n’a jamais été produite. Les 4 et 8 septembre 2026, les SIG puis le Département du territoire ont rejeté nos demandes d’accès aux documents fondées sur la loi genevoise sur l’information du public (LIPAD). Une procédure de médiation est en cours devant le Préposé cantonal à la transparence.

Un projet sans danger n’a rien à cacher.

Ce que disent les scientifiques

« Une étude d’incidences doit précéder tout projet »

« En conclusion, tout projet de valorisation des boues de station d’épuration doit être précédé d’une étude d’incidences pour évaluer les retombées des polluants et leur impact sur la qualité de l’air ambiant à l’immission. Cette étude d’incidences devrait déterminer dans quelle mesure les concentrations prévisibles à l’immission respecteront les lignes directrices de l’OMS ou les concentrations limites de l’Union européenne. »

Prof. Alfred Bernard, professeur émérite de l’Université catholique de Louvain, directeur de recherches FNRS honoraire, toxicologue. Note remise à ARIA et transmise à l’État de Genève et aux SIG.

Le professeur Bernard rappelle que les boues d’épuration sont le point de concentration de tout ce que les bactéries ne dégradent pas : métaux lourds, dioxines et PCB, nanoparticules, microplastiques et PFAS à longue chaîne.

Il recommande que l’installation respecte les mêmes normes d’émission que les incinérateurs d’ordures ménagères, avec un procédé DeNOx, et que les concentrations respectent les lignes directrices de l’OMS, notamment pour les métaux lourds, les particules fines et le dioxyde d’azote.

Cette étude d’incidences préalable n’a jamais été réalisée pour Aïre.

ARIA a également sollicité le Prof. Agostino Di Ciaula, qui a versé au dossier une prise de position sur les effets sanitaires de l’incinération, et l’Institut Écocitoyen pour la Connaissance des Pollutions (Fos-sur-Mer), qui a accepté le 1er septembre 2026 d’apporter son appui scientifique.

Le dossier complet

Les 30 arguments, sources à l’appui

Chacun tient en quelques lignes et porte sa source, pour que chaque affirmation puisse être vérifiée sur pièce. Cliquez sur un argument pour le déplier. Les pièces citées sont transmises sur demande.

ALa parole donnée aux habitants

1Le constructeur était choisi avant que la population soit informée

Le projet démarre en 2019. Le contrat du four est adjugé au groupe OTV, filiale de Veolia, en 2023. La première séance avec les associations de quartier a lieu à l’automne 2024, soit un an plus tard. Le plan de communication prévoyait une séance tout public, avec la mention « à définir » : elle n’a jamais eu lieu.

Source : Présentation des SIG au service cantonal des déchets, 25 juillet 2024, rubriques « Planning » et « Plan de communication autour du projet ».

2L’étude cofinancée par les SIG a servi à priver les riverains d’un vote, et l’absence de vote sert à prouver leur accord

Les SIG figurent comme co-mandants sur la page de garde du mémorandum Ecosens, présenté partout comme une expertise indépendante. Le comité de l’AIALI s’est appuyé sur cette expertise pour refuser l’assemblée générale extraordinaire demandée par ARIA et cinq de ses membres. Les SIG ont ensuite annoncé publiquement que les riverains, « par l’intermédiaire de deux associations locales », soutiennent majoritairement le projet.

Source : Mémorandum Ecosens AG du 3 octobre 2025 ; courrier de refus du comité de l’AIALI ; prise de position des SIG du 20 juillet 2026.

3Personne n’a commandé cet incinérateur

Le contrat qui lie l’État aux SIG pour 2025-2029 compte 51 articles et un chapitre entier sur les déchets, avec un article propre aux Cheneviers, un aux mâchefers, un aux déchets organiques, un au bois usagé. Les mots « boues d’épuration », « incinération des boues », « phosphore » et « STEP d’Aïre » n’y figurent pas une seule fois.

Source : Convention d’objectifs État de Genève -- SIG 2025-2029, préambule et articles 20 à 28.

4L’autorisation a été délivrée sans répondre à une seule observation

ARIA avait déposé des observations circonstanciées dans le cadre de la procédure. Le courrier de l’Office des autorisations de construire du 27 novembre 2025 n’en traite aucune.

Source : Courrier de l’OAC du 27 novembre 2025.

5Depuis deux semaines, les portes se ferment

Le 4 septembre 2026, les SIG ont refusé de communiquer les documents demandés depuis juin, en reprochant à l’association d’abuser de son droit à l’information. Le 8 septembre, le Département du territoire a fait de même, en annonçant qu’il ne transmettrait plus aucune information sur ce projet jusqu’au jugement. Deux médiations sont pendantes devant le Préposé cantonal à la transparence, dont une séance le 7 octobre 2026.

Source : Courrier de Me Nicolas Wisard du 4 septembre 2026 ; courrier du Département du territoire du 8 septembre 2026.

6Une demande formelle de rectification – qui a dû passer par leur avocat

Le 15 septembre 2026, ARIA a adressé aux SIG une demande formelle de rectification publique portant sur trois affirmations de leur communication du 20 juillet : le soutien allégué des riverains, les trois études dites indépendantes et l’absence annoncée d’impact sur l’air et les sols. L’association demande la publication de la liste des études, de leurs commanditaires, de leurs auteurs, de leurs financeurs et de leurs cahiers des charges, dans un délai de trente jours. Fait révélateur : ce courrier a dû être adressé à l’avocat et à la directrice des relations publiques des SIG, le serveur de messagerie de l’entreprise rejetant les messages de l’association adressés à la direction générale et à la présidence du conseil d’administration.

Source : Courrier ARIA du 15 septembre 2026 ; avis de non-remise du serveur sig-ge.ch des 5 et 15 septembre 2026.

BLes Cheneviers : le site qui existe déjà, et qu’on a écarté

7Genève possède déjà une usine d’incinération, sur un site industriel dédié – et elle est en train d’être reconstruite

Les Cheneviers, à Aire-la-Ville, au bord du Rhône à hauteur du barrage de Verbois, sont l’usine d’incinération du canton depuis soixante ans. Elle appartient aux SIG et est aujourd’hui en pleine reconstruction sous leur responsabilité, pour une mise en service prévue en 2029. Au moment précis où le canton se dote d’une usine d’incinération neuve sur un site prévu pour cela, on décide d’en construire une seconde au milieu d’un quartier habité.

Source : Convention d’objectifs État--SIG 2025-2029, article 23 ; rapport des SIG du 5 juin 2025, page 10.

8Ils disent que les Cheneviers, c’est impossible. Or les Cheneviers, c’est eux

Leur rapport officiel écrit : « Depuis lors, le projet des Cheneviers a évolué, sans considérer les boues d’épuration d’Aïre », avant de conclure à l’impossibilité d’y intégrer les boues. Les SIG ont donc conçu leur propre usine neuve sans y prévoir les boues, puis opposent cette absence aux habitants d’Aïre comme une impossibilité technique.

Source : Rapport explicatif des SIG du 5 juin 2025 joint à la DD 337954/1, page 10.

9La comparaison promise avec les Cheneviers a disparu du rapport

À la page 9, le même rapport annonce que le cas d’une installation aux Cheneviers « est également évalué en fin de document ». Les pages suivantes ne parlent que d’Aïre. L’évaluation annoncée n’existe pas.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, page 9 comparée aux pages 11 à 15.

10Tous les arguments avancés pour Aïre valent pour les Cheneviers – et mieux

Pour justifier l’implantation à Aïre, le rapport invoque la « logique industrielle », le terrain disponible, la mutualisation des infrastructures, la proximité des ateliers, les équipes de maintenance et « le professionnalisme déjà acquis de l’exploitation ». Les Cheneviers cochent chacune de ces cases, et davantage : site industriel entièrement dédié à l’incinération, traitement des fumées, gestion des cendres, pesage, personnel formé. La seule différence n’est pas technique, elle est géographique : aux Cheneviers, il n’y a pas dix mille habitants autour.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, section 10, pages 11 à 13.

11Leur propre rapport dit à deux pages d’écart que le terrain est disponible, puis qu’il ne l’est pas

À la section 10, pour justifier l’implantation, le rapport affirme que « la STEP possède l’espace libre disponible ». À la section 11, pour expliquer pourquoi les locaux électriques du projet de pompes à chaleur ont été logés dans le bâtiment d’incinération, il écrit que « le site d’Aïre est contraint spatialement et ne dispose que de peu de place au regard des nouveaux ouvrages à construire ». Les deux phrases sont dans le même document.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, pages 11 et 14.

12Ils promettent d’installer dans un quartier d’habitation la surveillance des Cheneviers

Leur rapport annonce que, « par analogie à ce qui est déjà fait aux Cheneviers », les SIG s’engagent dans un suivi de leur impact sur l’environnement, et cite les dispositifs en place là-bas : station mobile de mesure, contrôle des immissions au moyen d’abeilles, analyses de feuilles de chêne et analyses de sol. Ces mesures, écrit-il, « sont amenées à être reproduites à la STEP d’Aïre ». Ils reconnaissent donc qu’il s’agit d’une installation industrielle, qu’il existe déjà un site conçu pour elle – et proposent d’importer son dispositif de surveillance au milieu des habitations.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, section 11, page 15.

13En l’éloignant des Cheneviers, on le soustrait au régime de surveillance que la loi réserve aux Cheneviers

La loi cantonale sur la gestion des déchets consacre un chapitre entier à l’usine des Cheneviers : autorisation d’exploiter limitée à cinq ans et renouvelable, commission consultative, consultation des communes, publicité des informations. Rien de tout cela ne s’applique à une installation de traitement thermique construite ailleurs. En implantant le four à Aïre, on le fait échapper au seul régime de surveillance renforcée que connaisse le droit genevois en la matière.

Source : Loi cantonale sur la gestion des déchets, L 1 20, chapitre IV, art. 32A à 32I ; avant-projet de loi ARIA du 2 septembre 2026.

14Le raisonnement repose sur des données de 2013, et la capacité des Cheneviers a changé depuis

L’alternative a été écartée sur la base d’une étude engagée en 2013, qui supposait les Cheneviers pleinement chargés. Depuis, la capacité de l’usine a été revue à la baisse, Cheneviers IV est dimensionnée à 160’000 tonnes par an, l’État reconnaît ne pas savoir quel tonnage l’alimentera, et il mène en parallèle un programme d’encouragement à la réduction des déchets incinérables. Sur quelles données actuelles peut-on encore affirmer qu’il n’y a aucune place ?

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, pages 9-10 ; convention d’objectifs État--SIG, articles 23 et 27.

15Vernier encaisse tout – et on lui explique que c’est loin

Vernier accumule l’autoroute, les pénétrantes, Givaudan, les dépôts pétroliers et des installations soumises à l’ordonnance sur les accidents majeurs. On y ajoute l’incinérateur de toutes les boues du canton, et une éco-plateforme de traitement de terres contaminées aux PFAS au 68 route du Bois-des-Frères. Interrogé sur ce second site, le Conseil administratif a répondu qu’il était « très éloigné des zones habitées » : les premières habitations du Lignon en sont à trois à cinq cents mètres. Aucune étude d’impact cumulée n’a jamais été réalisée.

Source : Question écrite QE 062-26.06 de Nicolas Aubert et réponse du Conseil administratif de Vernier du 24 août 2026.

CCe qui sortira de la cheminée

16Ils savent monter la température du four. Ils l’ont fait – mais pas pour les polluants éternels

Les boues concentrent les PFAS, qu’il faut brûler très chaud pour détruire. Le four prévu fonctionne à 850 degrés. Pour réduire un gaz à effet de serre qui n’est même pas réglementé, les SIG ont décidé de monter à 910 degrés et de doubler le temps de séjour, en qualifiant le surcoût de « léger » et l’impact sur l’exploitation de « négligeable ». Ils ne l’ont pas fait pour les PFAS, et aucune norme suisse ne les y oblige.

Source : Présentation des SIG au GESDEC du 25 juillet 2024, diapositive sur le protoxyde d’azote ; le tableau des valeurs de rejet ne comporte aucune ligne PFAS.

17On y brûlera des déchets dangereux, et personne ne sait lesquels

L’autorisation d’exploiter détaille chaque catégorie de déchets par nature et par origine, sauf une : les déchets spéciaux figurent sous une seule ligne fourre-tout, « déchets liquides aqueux contenant des substances dangereuses », 1’500 tonnes par an. S’y ajoute le liquide de dégivrage des avions de Cointrin, qui passe de 1’300 à 2’000 tonnes par an. L’étude de risques ne porte que sur les produits stockés sur place.

Source : Autorisation d’exploiter n° 25-352 du 26 novembre 2025 ; formulaire F99, note explicative du 26 janvier 2022.

18Leur propre expert juge la cheminée trop basse

L’expertise Ecosens, celle que toutes les parties citent, retient qu’une cheminée de 37,5 mètres serait nécessaire. Le projet en prévoit 33.

Source : Mémorandum Ecosens AG du 3 octobre 2025 ; hauteur confirmée par la présentation aux services cantonaux du 11 novembre 2024.

19Une conclusion d’ingénieurs a disparu entre deux versions du rapport d’impact

En comparant deux versions successives du rapport d’impact établi par le bureau CSD Ingénieurs, ARIA a constaté la disparition d’une conclusion des ingénieurs documentant un écart d’un facteur trois dans les valeurs d’émissions annoncées par le fournisseur du four pour le dioxyde de soufre et l’acide chlorhydrique.

Source : Analyse comparative ARIA des deux versions du rapport d’impact CSD Ingénieurs ; pièces en main.

20Lausanne a déjà connu cette histoire

Le rapport du Conseil fédéral d’octobre 2024 explique la pollution aux dioxines autour de l’incinérateur lausannois du Vallon par la topographie et les vents – « une combe à proximité directe du lac » – et par les arrêts et redémarrages répétés du four. Aïre est un méandre encaissé du Rhône, et le four s’arrêtera chaque année trois à quatre semaines. Le même rapport indique que les cantons demandent l’adoption des valeurs limites européennes, plus strictes que les normes suisses.

Source : Conseil fédéral, rapport du 30 octobre 2024 donnant suite au postulat Suter 21.4225, pages 16 à 21.

21Une étude de toxicologie annoncée, puis jamais produite

Le 18 juin 2025, les SIG annonçaient avoir confié une étude au Centre suisse de toxicologie humaine appliquée. Quinze mois plus tard, elle n’a jamais été produite et fait partie des documents dont l’accès est refusé.

Source : Annonce des SIG du 18 juin 2025 ; refus d’accès du 4 septembre 2026.

22Un toxicologue de réputation internationale s’est inquiété du projet

Le professeur Alfred Bernard, professeur émérite de l’Université catholique de Louvain, connu pour son analyse critique de l’étude d’Unisanté sur les dioxines de Lausanne, a fait part de son inquiétude et transmis ses recommandations à l’État de Genève et aux SIG. Sa conclusion : tout projet de ce type « doit être précédé d’une étude d’incidences » évaluant les retombées des polluants à l’immission. L’Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions, à Fos-sur-Mer, a par ailleurs accepté d’apporter son appui scientifique à l’association.

Source : Note du Prof. Alfred Bernard remise à ARIA ; réponse de l’Institut Ecocitoyen du 1er septembre 2026.

23Et le site est une ancienne décharge

Le rapport des SIG rappelle que la station a été construite en 1967 « sur l’ancienne décharge ». Avant de mettre en service un four dont on surveillera les retombées, encore faudrait-il savoir ce que contiennent déjà ces sols.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, page 3.

DLes justifications qui ne tiennent pas

24Le phosphore sert d’alibi, mais l’usine qui doit le récupérer n’existe pas

Le rapport des SIG écrit lui-même que les nouveaux textes « ne sont donc pas en vigueur », et leur présentation au canton parle d’une échéance « intenable » et d’une « attente d’une nouvelle date ». Surtout, l’usine soleuroise censée traiter les cendres n’a ni permis ni financement bouclé ; leur propre calendrier la situe au début des années 2030. L’incinérateur tournerait donc plusieurs années en envoyant ses cendres à la décharge – sans récupérer le moindre gramme de phosphore.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, pages 6-7 ; présentation au GESDEC du 25 juillet 2024.

25La « moitié de camions en moins » représente environ un camion par jour

Selon leurs chiffres, la filière actuelle exporte environ 10’000 tonnes par an, l’incinérateur en exporterait environ 5’000. La différence est de 5’000 tonnes, soit de l’ordre d’un camion par jour ouvrable – et ce calcul ne compte ni les livraisons entrantes ni les réactifs. Sur Léman Bleu, en juin, le représentant des SIG affirmait pourtant que passer par les Cheneviers générerait « énormément de trafic ».

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, page 10 ; Léman Bleu, 2 juin 2026.

26L’autonomie promise n’existe pas, et l’usine est prévue pour recevoir des boues d’ailleurs

Chaque année, le four sera arrêté trois à quatre semaines pour maintenance, et les boues devront être exportées vers d’autres incinérateurs suisses ou français. Par ailleurs, dès juin 2022, les SIG demandaient au canton s’ils pouvaient accueillir à Aïre des boues venant d’autres cantons – ils citent des stations vaudoises – et même de l’étranger. En 2024, la capacité d’import par camion est confirmée, avec la mention « pas de gisement / d’accord à ce jour ».

Source : Présentations des SIG au GESDEC des 16 juin 2022 et 25 juillet 2024.

27Deux fois plus cher que les solutions alternatives

La modélisation du coût complet sur quarante ans établie par ARIA situe la filière retenue entre 195 et 250 millions de francs, contre 82 à 122 millions pour les alternatives. À quoi s’ajoutent les 155 millions de l’usine soleuroise, dont le propre graphique des SIG fait apparaître une part de coûts non couverts.

Source : Modélisation financière ARIA ; présentation au GESDEC du 25 juillet 2024.

ELa voie qu’ils n’ont jamais comparée

28La loi qu’ils citent eux-mêmes ouvre trois voies. Ils n’en ont retenu qu’une : celle qui oblige à tout brûler

À la page 6 de leur rapport, les SIG citent le texte fédéral : la planification cantonale porte sur la récupération du phosphore « contenu dans les eaux usées communales, les boues d’épuration des stations centrales d’épuration des eaux, ou les cendres résultant du traitement thermique de ces boues ». Trois possibilités, donc, dont deux n’exigent aucune incinération préalable. Quatre pages plus loin, le même rapport affirme que seuls trois procédés fonctionnant à partir de cendres de mono-incinération sont reconnus, ce qui exclurait « de facto » les autres variantes. La voie qui récupère le phosphore directement dans les boues, par précipitation de struvite, n’a jamais été comparée.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025, page 6 comparée à la page 10.

29La voie écartée récupérerait le phosphore tout de suite, à Genève, sans attendre Soleure

La struvite s’extrait des boues humides, avant toute incinération : le phosphore serait récupéré dès la mise en service, sur place. La voie retenue dépend au contraire d’une usine soleuroise qui n’a ni permis ni financement bouclé, et que leur propre calendrier situe au début des années 2030. Entre deux voies légalement possibles, ils ont choisi la seule qui retarde de plusieurs années la récupération du phosphore – c’est-à-dire l’obligation dont ils font leur justification principale.

Source : Rapport des SIG du 5 juin 2025 ; calendrier du projet Phos4Life présenté au GESDEC le 25 juillet 2024.

30Et la voie écartée ferait passer beaucoup moins de matière par la cheminée

Dans la filière retenue, la totalité des boues du canton passe par le four à 850 degrés. Dans la voie de la struvite, le phosphore est extrait d’abord et seule la fraction résiduelle est traitée thermiquement – sur un flux plus petit, où une température nettement plus élevée devient envisageable. Or les travaux disponibles relèvent qu’à 850 degrés des produits fluorés de dégradation ont été détectés, alors qu’à 1150 degrés ils ne l’ont pas été dans les conditions étudiées.

ARIA ne prétend pas trancher une question scientifique : elle demande qu’un bilan complet des PFAS, de l’entrée jusqu’à la cheminée, soit établi par un spécialiste indépendant et comparé entre les deux filières. C’est précisément ce que personne n’a fait.

Source : Complément à l’expertise préalable ARIA du 15 septembre 2026 ; température de 850 degrés confirmée par la présentation des SIG au GESDEC du 25 juillet 2024.

Chronologie

Comment on en est arrivé là

Les grandes étapes du projet et de notre combat. Point rouge : décision des autorités ou des SIG. Point vert : avancée obtenue par la mobilisation.

  1. Explosion dans la halle de séchage des boues de la STEP d’Aïre. Seules deux des trois lignes sont réparées. Une filière de secours vers Bâle est en place depuis 2016.
  2. Lancement du projet par les SIG.
  3. Le contrat du four est adjugé au groupe OTV, filiale de Veolia, avant toute information de la population.
  4. Les SIG annoncent publiquement leur projet de traitement thermique des boues à Aïre.
  5. Première séance avec les associations de quartier, un an après l’adjudication. La séance tout public prévue « à définir » n’aura jamais lieu.
  6. Deux versions du rapport d’impact sur l’environnement. Entre les deux, une conclusion des ingénieurs sur un écart d’un facteur 3 dans les valeurs d’émission de SO₂ et de HCl disparaît.
  7. Les SIG annoncent une étude de toxicologie confiée au Centre suisse de toxicologie humaine appliquée. Elle n’a jamais été produite.
  8. Préavis favorable de la Commune de Vernier, sans contre-expertise indépendante.
  9. Autorisation d’exploiter n° 25-352 : 115’600 t de déchets par an, dont 1’500 t de déchets liquides dangereux.
  10. L’Office des autorisations de construire écrit à ARIA sans répondre à une seule de ses observations.
  11. Les PFAS sont ajoutés au programme de suivi des SIG, après le préavis communal.
  12. Le Conseil d’État répond à la question urgente QUE 2334 du député Thierry Cerutti.
  13. Dépôt au Conseil municipal de Vernier de la motion M 050 « Moratoire contre le projet de construction d’un incinérateur à la STEP d’Aïre ».
  14. Dépôt au Grand Conseil des motions M 3233 et M 3234 pour une expertise indépendante et l’étude d’alternatives.
  15. Un recours avec effet suspensif est déposé contre l’autorisation de construire.
  16. Léman Bleu consacre un reportage à la colère des riverains et des élus.
  17. La motion M 3233 est renvoyée à la commission de l’environnement et de l’agriculture du Grand Conseil.
  18. Prise de position des SIG, qui parlent d’« un petit groupe d’opposants ».
  19. Réponse du Conseil d’État à ARIA, qui s’appuie sur une étude de variantes jamais transmise.
  20. Les SIG puis le Département du territoire refusent l’accès aux documents demandés par ARIA. Deux médiations sont ouvertes devant le Préposé cantonal à la transparence.
  21. La Ville de Vernier reconnaît par écrit qu’aucune contre-expertise indépendante n’a été engagée et que le rapport d’impact ne traite pas des PFAS.
  22. ARIA publie son dossier de presse : « Personne n’a jamais commandé l’étude sanitaire ».
  23. Plus de 1’600 signatures. La mobilisation continue. Rejoignez-nous.
Motions & politique

Les élus se saisissent du dossier

Au Grand Conseil comme au Conseil municipal de Vernier, des élus de plusieurs partis demandent une expertise indépendante, un moratoire et la transparence sur les PFAS. Voici les motions, les questions écrites et les réponses des autorités, avec leurs liens officiels.

Grand Conseil genevois

Les motions

M 3233En commission

Pour une expertise indépendante du projet et de ses alternatives

Djawed Sangdel, Thierry Cerutti · déposée le 19.05.2026 · renvoyée à la commission de l’environnement et de l’agriculture

  1. Suspendre toute décision irréversible en attendant une évaluation indépendante des SIG.
  2. Mandater une expertise sanitaire, environnementale, technique et économique, avec comparaison Aïre / Cheneviers.
  3. Présenter un rapport public au Grand Conseil, aux communes et à la population.
Lire la motion (PDF)
M 3234En commission

Pour une réévaluation indépendante du projet et l’étude d’alternatives cantonales

Thierry Cerutti, Stéphane Fontaine, Arber Jahija, Skender Salihi, Christian Flury, Amar Madani, François Baertschi, Christian Steiner, Gabrielle Le Goff · déposée le 19.05.2026 · renvoyée sans débat le 18.06.2026 à la commission de l’environnement et de l’agriculture

  1. Mandater une expertise indépendante avec modélisation de la dispersion, y compris lors des démarrages, arrêts et incidents.
  2. Tenir compte de la topographie, des immeubles élevés, des vents et des lieux sensibles proches.
  3. Transmettre les résultats au Grand Conseil avant toute décision définitive et associer les communes.
Lire la motion (PDF)

Les questions urgentes et les réponses du Conseil d’État

QUE 2425Réponse attendue

Incinérateur de boues à Aïre : quelles garanties sanitaires face aux PFAS et autres polluants persistants ?

Question urgente de Thierry Cerutti · renvoyée au Conseil d’État le 02.10.2026

Les mesures de PFAS dans les boues n’ont-elles commencé qu’en décembre 2025 ? Quelles concentrations ? Que savaient les SIG et l’État avant le préavis communal et le choix du site ? Existe-t-il une étude du taux réel de destruction des PFAS dans ce four ? Une évaluation sanitaire des riverains a-t-elle été faite, et un état initial indépendant de l’air, des eaux et des sols sera-t-il établi avant la mise en service ?

Lire la question (PDF)
QUE 2420Réponse attendue

Incinérateur de boues à la STEP d’Aïre : quelles garanties sanitaires face aux PFAS ?

Question urgente de Thierry Cerutti · déposée le 28.09.2026 · renvoyée au Conseil d’État le 02.10.2026

Dix-sept questions : PFAS mesurés et depuis quand, taux de destruction, devenir des PFAS dans les fumées, les cendres et les eaux, évaluation quantitative du risque sanitaire, dioxines, métaux lourds et particules ultrafines, état initial indépendant, publication de toutes les études, et pas de décision irréversible avant une évaluation sanitaire indépendante.

Lire la question (PDF)
QUE 2418Réponse attendue

Cheneviers IV et incinérateur de boues d’Aïre : Genève peut-elle se payer deux nouvelles installations thermiques ?

Question urgente de Thierry Cerutti · déposée le 28.09.2026 · renvoyée au Conseil d’État le 02.10.2026

Coût réel des deux projets, sur toute leur durée de vie. Une ligne de boues indépendante aux Cheneviers a-t-elle été étudiée, et à quel coût ? Pourquoi Cheneviers IV est-il limité à 160’000 tonnes ? Le Conseil d’État publiera-t-il toutes les analyses et les variantes écartées ?

Lire la question (PDF)
QUE 2334Réponse le 29.04.2026

Unité d’incinération des boues sur le site de la STEP d’Aïre

Question urgente de Thierry Cerutti

Le département a-t-il exigé une analyse comparative indépendante entre Aïre et les Cheneviers ? Demandera-t-il un bilan comparé des émissions, de la dispersion, du trafic et des impacts sanitaires ?

Réponse du Conseil d’État : il invoque l’obligation fédérale de récupérer le phosphore et la capacité limitée des fours des Cheneviers. Il ne produit aucune analyse comparative indépendante.

Lire la réponse (PDF)

Les réponses du Conseil d’État aux questions urgentes de septembre 2026 seront publiées ici dès leur parution. Sur les PFAS en général, voir aussi la motion M 3019 (Céline Bartolomucci et cosignataires), renvoyée à la commission de la santé le 02.10.2026.

Ville de Vernier

Les motions

M 096-26.10Déposée

Demande d’une expertise sanitaire externe et indépendante au sujet de la construction d’un incinérateur à la STEP d’Aïre

17 élus de quatre groupes : Liste Égalité et Diversité (dont Nicolas Aubert et Djawed Sangdel), Le Centre, UDC et MCG (dont Thierry Cerutti) · déposée le 28.09.2026 · séance du 06.10.2026

Le Conseil administratif est invité à :

  1. présenter au moins deux offres chiffrées d’institutions scientifiques externes, suisses ou étrangères, et le crédit nécessaire ;
  2. garantir leur indépendance : aucun lien avec le projet, les SIG, le fournisseur ou les auteurs du rapport d’impact depuis dix ans ;
  3. couvrir au minimum le risque sanitaire quantifié (école, hôpital, terrains de sport), les particules fines et ultrafines, les métaux lourds, les dioxines et les PFAS, les phases de démarrage et d’arrêt, la dispersion dans le méandre du Rhône, les effets cumulés, un état initial indépendant et la comparaison sanitaire avec les Cheneviers.
Voir la motion sur vernier.ch
M 050-26.05En commission

Moratoire contre le projet de construction d’un incinérateur à la STEP d’Aïre

Diane Graber, Xhavit Islami, Djawed Sangdel, Nicolas Aubert (Liste Égalité et Diversité) · déposée le 17.05.2026 · séance du 26.05.2026 · étudiée par la commission de l’environnement du Conseil municipal

Le Conseil administratif est invité à :

  1. transmettre officiellement aux autorités cantonales l’opposition de la Ville de Vernier au projet actuel ;
  2. demander la suspension de toute procédure de réalisation tant qu’une étude indépendante complète sur les impacts sanitaires et environnementaux n’aura pas été rendue publique.
Voir la motion sur vernier.ch

Les questions écrites et les réponses du Conseil administratif

QE 062-26.06Réponse le 24.08.2026

L’Éco-plateforme-Lignon

Question écrite de Nicolas Aubert (Liste Égalité et Diversité) · séance du 23.06.2026

Un centre de traitement de terres contaminées aux PFAS a été inauguré en octobre 2025 près de la Cité du Lignon, alors que l’autorisation parlait d’une simple « plateforme rail-route ». Le Conseil administratif le savait-il ? Où vont les eaux de traitement ? À partir de quand le cumul d’installations dangereuses devient-il incompatible avec la santé des habitants ?

Réponse du Conseil administratif (Mathias Buschbeck) : la procédure était cantonale et la commune a rendu son préavis dans le délai de 30 jours, sans consultation des habitants. Le site est qualifié d’« éloigné des habitations ». Aucune eau de traitement ne rejoindrait les égouts ni la STEP. Aucun seuil de cumul n’est fixé : le Conseil administratif dit rester « attentif » et renvoie le contrôle au canton.

Lire la réponse (PDF) Voir la question sur vernier.ch
QE 092-26.10Réponse attendue

L’Éco-plateforme Lignon (suite) : distances réelles aux habitations, suivi environnemental et cumul des risques industriels

Question écrite de Nicolas Aubert · déposée le 23.09.2026 · séance du 06.10.2026

Les premières habitations du Lignon sont à quelques centaines de mètres : le site n’est donc pas « très éloigné des zones habitées ». Le Conseil administratif est prié de rectifier les distances, de transmettre son préavis, de dire si les poussières (PFAS, dioxines, métaux lourds) sont mesurées, de soutenir une étude d’impact cumulée Aïre–Lignon–Vernier et de fixer des critères de seuil.

Voir la question sur vernier.ch

Vernier, déjà en première ligne

Autoroute, dépôts pétroliers, installations chimiques, et désormais un centre de traitement de terres polluées : les élus verniolans rappellent que leur commune concentre déjà une part disproportionnée des nuisances du canton. Un incinérateur de plus, c’est un de trop.

Interpellez vos élus

Écrivez aux conseillers municipaux de votre commune et aux députés de la commission de l’environnement du Grand Conseil. Demandez-leur de soutenir le moratoire et l’expertise sanitaire indépendante.

Tous les objets du Conseil municipal de Vernier
Notre proposition

Un avant-projet de loi

ARIA ne se contente pas de s’opposer. Elle a fait rédiger un avant-projet de loi modifiant la loi cantonale sur la gestion des déchets (L 1 20), autour de quatre principes.

  • Un site unique d’incinération pour le canton. Toute dérogation doit être accordée par le Grand Conseil lui-même.
  • Une étude comparative des sites obligatoire, publiée, établie par un bureau indépendant du fournisseur.
  • La prise en compte des lieux sensibles (écoles, hôpitaux, EMS, installations sportives) et des effets cumulés.
  • L’extension à toute installation de traitement thermique du régime de surveillance applicable aux Cheneviers.

Aujourd’hui, la loi réserve aux seuls Cheneviers une autorisation d’exploiter limitée à cinq ans, une commission consultative, la consultation des communes et la publicité des informations (art. 32A à 32I LGD). Un four construit à Aïre y échappe.

Presse

Communiqués et revue de presse

Journalistes : notre dossier documentaire complet est à votre disposition. Écrivez-nous à aria.vernier.ge@gmail.com.

Communiqué de presseVernier, le 18 septembre 2026

Incinérateur d’Aïre : personne n’a jamais commandé l’étude sanitaire

La Commune de Vernier reconnaît par écrit qu’aucune contre-expertise indépendante n’a été engagée et que le rapport d’impact ne comporte aucune évaluation des PFAS. L’État et les SIG refusent désormais de transmettre leurs documents. ARIA, forte de 1’600 signatures, demande qu’une autorité, canton ou commune, commande sans délai une étude sanitaire indépendante, pendant que le chantier est bloqué.

1’600signatures pour la pétition adressée au Grand Conseil et au Conseil municipal de Vernier
0étude sanitaire indépendante commandée par une autorité depuis 2019
33 mde cheminée, quand l’expert cité par toutes les parties en juge 37,5 nécessaires et que celle des Cheneviers en mesure 100
850 °Ctempérature du four, relevée à 910 °C pour un gaz non réglementé, jamais pour les PFAS
2refus d’accès aux documents en quatre jours : les SIG le 4 septembre, le Département du territoire le 8
400 mjusqu’aux premières habitations et aux terrains de football ; 450 m jusqu’aux Hôpitaux de Loëx

« Le RIE ne comporte d’ailleurs aucune évaluation des impacts liés à cette problématique. […] aucune valeur environnementale de référence n’est actuellement disponible pour caractériser les rejets atmosphériques d’une installation d’incinération des boues. »

Conseil administratif de la Ville de Vernier, réponse à ARIA du 16 septembre 2026

Les trois phrases à retenir

« Tout ce que Genève jette dans ses canalisations sera brûlé dans un seul quartier, à quatre cents mètres des premières habitations. »
« Ils affirment que c’est sans danger, et la commune vient de reconnaître par écrit que l’étude qui le démontrerait n’a jamais été commandée. »
« Le chantier est arrêté. Il n’y a aucune raison de ne pas faire maintenant l’étude sanitaire qui manque depuis 2019. »

Contact presse

Roland Decorvet, président · Nicolas Aubert, vice-président aria.vernier.ge@gmail.com 078 622 04 58 Case postale 131, 1219 Le Lignon

Ils en parlent

Riverains avec fumigènes rouges et noirs devant la STEP d'Aïre, banderole demandant l'incinération aux Cheneviers
« Boues et déchets dangereux doivent être incinérés aux Cheneviers » : action devant l’entrée de la STEP d’Aïre. Photos en haute définition sur demande.
Agir

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L’association

Des riverains qui refusent de subir

ARIA, l’Association des riverains contre la construction d’un incinérateur de boues à la STEP d’Aïre et de déchets dangereux, réunit des habitantes et des habitants d’Aïre, du Lignon, de Vernier et d’Onex. Nous sommes une association citoyenne, indépendante de tout parti politique.

Le comité

Roland DecorvetPrésident
Nicolas AubertVice-président

Ils sont entourés d’une secrétaire, d’un trésorier et de quatre conseillers techniques et scientifiques, bénévoles, qui ont choisi de s’engager sans apparaître publiquement.

Notre méthode

Lire les dossiers, vérifier les chiffres, demander les documents, consulter des scientifiques indépendants, informer les habitants et les élus. Nous ne nous opposons pas à la récupération du phosphore : nous refusons qu’elle se fasse au prix de la santé d’un quartier.

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