Nos arguments
Pourquoi nous disons non
Nos arguments s’appuient sur les documents officiels du projet et sur nos propres analyses. Nous citons aussi la position des SIG et de l’État, pour que chacun puisse juger sur pièces.
Santé · Localisation
Au cœur d’un quartier habité
Un cycle d’orientation à 370 m, des hôpitaux à 450 m, un EMS à 720 m, des terrains de sport, des jardins familiaux où l’on cultive ses légumes. Des milliers de personnes vivent dans un rayon d’un kilomètre.
La STEP se trouve dans un méandre encaissé du Rhône. Pour expliquer la pollution exceptionnelle autour de l’incinérateur du Vallon à Lausanne, le Conseil fédéral cite « des particularités topographiques et les conditions de vent » ainsi que les arrêts et redémarrages répétés du four. Ces deux facteurs sont réunis à Aïre, où le four doit s’arrêter chaque année plusieurs semaines.
Source : rapport du Conseil fédéral du 30.10.2024 en réponse au postulat 21.4225.
PFAS, les polluants éternels
Les boues d’épuration concentrent les PFAS. Pour les détruire, il faut brûler très chaud : au-delà de 950 °C, idéalement 1’000 à 1’100 °C pendant 2 à 3 secondes.
750 °CFour : 850 °C (910 pour le N₂O)PFAS : > 950 °C1’100 °C
- Le four prévu fonctionne à 850 °C. Pour réduire le protoxyde d’azote, un gaz même pas réglementé, les SIG ont décidé de monter à 910 °C pour un surcoût qu’ils jugent « léger ». Jamais pour les PFAS.
- « Le RIE ne comporte d’ailleurs aucune évaluation des impacts liés à cette problématique », écrit la Ville de Vernier le 16 septembre 2026. Aucune norme n’existe : la « conformité aux normes » ne couvre donc pas les PFAS.
- La Commune a rendu son préavis favorable le 27 août 2025 et n’a demandé l’intégration des PFAS au suivi qu’en décembre 2025. Elle attend toujours les informations des SIG.
- Aucune donnée n’a été transmise : ni teneur des boues, ni rejets à la cheminée, ni cendres.
Santé · Dioxines
Des dioxines qui finissent dans l’assiette
Les dioxines se forment lors des combustions. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 90 % de l’exposition humaine passe par l’alimentation. Elles s’accumulent dans les graisses et dans la chaîne alimentaire.
L’OMS indique qu’une exposition prolongée peut atteindre le système immunitaire, le développement, la reproduction et les hormones, et provoquer des cancers. Autour de la STEP : des potagers, des jardins familiaux, des vergers.
Source : OMS, « Dioxines et leurs effets sur la santé ».
Déchets dangereux
1’500 tonnes de déchets dangereux non identifiés
L’autorisation d’exploiter admet chaque année 1’500 tonnes de « déchets liquides aqueux contenant des substances dangereuses », en une seule ligne, sans nature chimique, sans classe de danger, sans origine.
Les autres déchets sont détaillés un par un. L’étude de risques n’a porté que sur les produits chimiques stockés sur place, jamais sur ces livraisons de déchets dangereux.
Voir la liste complète des déchets autorisés
L’alternative
Les Cheneviers, un site fait pour cela
Genève dispose déjà d’un site industriel d’incinération, à l’écart des habitations : l’usine des Cheneviers. Le Conseil d’État invoque une étude de variantes pour écarter cette solution. Cette étude n’a jamais été communiquée aux riverains.
Le rapport explicatif des SIG annonce même, en page 9, une évaluation d’une mono-incinération aux Cheneviers « en fin de document ». Elle ne s’y trouve pas.
Ce que dit l’État
Les fours des Cheneviers n’accepteraient que 10 % de boues ; traiter sur place réduit le trafic de 8 à 2 camions par jour.
Ce que demande ARIA
Une étude comparative indépendante et publique, avec une ligne dédiée aux boues aux Cheneviers, où la santé pèse plus lourd que le coût.
Source : réponse du Conseil d’État à la QUE 2334, 29.04.2026.
Phosphore
Le phosphore, un prétexte fragile
Le droit fédéral impose de récupérer le phosphore des boues. Nous ne le contestons pas. Mais la filière choisie par les SIG passe par les cendres, qui doivent être traitées dans une usine alémanique (Phos4Life) qui n’a ni permis ni financement bouclé, et que le propre calendrier des SIG situe au début des années 2030.
En attendant, les cendres partiront en décharge et aucun phosphore ne sera récupéré. D’autres procédés existent, comme la précipitation de struvite sur boues humides, sans incinération. Ils n’ont jamais été comparés.
Ce que disent les SIG
Le traitement sur site permet de valoriser le phosphore et d’éviter des milliers de trajets en camion.
Ce que constate ARIA
Aucune récupération de phosphore avant plusieurs années. Et la « moitié de camions en moins » représente environ un camion par jour ouvrable.
Argent public
Un choix coûteux sur 40 ans
Selon notre modélisation sur la durée de vie de l’installation, l’incinérateur d’Aïre coûterait entre 195 et 250 millions de francs sur 40 ans, contre 82 à 122 millions pour les alternatives.
S’y ajoutent les 155 millions de l’usine soleuroise de traitement des cendres. Ce sont les Genevoises et les Genevois qui paieront, par leurs factures et leurs impôts.
Estimation ARIA sur la base des données publiques du projet.
Transparence
Des documents qu’on refuse de nous montrer
Les SIG affirment publiquement que le projet n’aura « pas d’impact sur la qualité de l’air et des sols ». Quand nous demandons les études qui le prouvent, on nous les refuse.
L’étude de toxicologie annoncée par les SIG le 18 juin 2025 n’a jamais été produite. Les 4 et 8 septembre 2026, les SIG puis le Département du territoire ont rejeté nos demandes d’accès aux documents fondées sur la loi genevoise sur l’information du public (LIPAD). Une procédure de médiation est en cours devant le Préposé cantonal à la transparence.
Un projet sans danger n’a rien à cacher.